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Susucaru Rosato Rosé 2021,
Frank Cornelissen
La robe est rose intense, le nez charrie agrumes et fleurs blanches, et la bouche : fruitée, dense, fraîche, gourmande, avec cette fine amertume, cette morsure mélancolique qui est la signature de ce vin. Beaucoup d’aficionados piaffent d’impatience à chaque millésime de cette cuvée emblématique du maître de l’Etna et certains n’imagineraient pas leur apéro sans elle. Susucaru rosato fait le bonheur des amateurs de rosé comme des moins fans, des initiés au vin naturel comme des débutants. D’ailleurs peut-on parler vraiment de rosé ? Techniquement oui, gustativement et chromatiquement cette petite merveille tient à la fois du rosé et du rouge de soif. 25 % inzolia, 25 % malvasia, 25 % nerello mascalese, 25 % moscadella, et toutes les vignes croissent directement sur les pentes de l’Etna. Une cuvée fidèle à elle-même.
Pour en savoir plus
Grand incontournable et figure universellement respectée du vin naturel, Frank Cornelissen est un classique. Cet homme en questionnement constant vit en résonance humaine et cosmique avec son terroir contrasté : il a su démontrer que la minéralité puissante d’un grand sol volcanique pouvait être mise en valeur par la naturalité de ses vins. La brillance, la droiture et le fruité exquis de ses cuvées lui valent l’admiration même des récalcitrants au « nature ». Ce sont de bons vins d’initiation.
Son azienda sicilienne se trouve à Passopisciaro, dans le nord de la vallée de l’Etna. C’est, dit-il, la « côte de Nuits » de l’Etna pour la grande diversité de ses vins répartis sur de nombreuses localités (contrade) à différentes altitudes. Le climat est continental et rude, voire neigeux, en hiver, mais très chaud et ensoleillé de juin à septembre. L’altitude donne aux vins tension et élégance. Les vignes cohabitent avec une polyculture méditerranéenne : oliviers, amandiers, potagers… (Frank produit aussi de l’huile d’olive). L’âge des vignes va de quarante ans à plus de cent ans. Les parcelles, au nombre de dix-neuf, sur vingt-quatre hectares en tout, sont toutes en altitude, entre 600 et 900 mètres, sur plusieurs coulées volcaniques. Elles sont toutes vinifiées séparément : Frank décide de l’assemblage en fonction de la qualité des vins de chaque parcelle. En général, sept ou huit crus sont réalisés en dehors des vins génériques (rosé, rouge de base et blanc). Les sols sont constitués de différents types de basalte, entre poudre et roche, avec un drainage parfait qui permet de faire des vins concentrés et fins.
Le nerello mascalese domine l’encépagement du domaine. Ce grand cépage rouge traditionnel de la vallée nord de l’Etna constitue l’unique cépage des grandes cuvées. Son cycle végétatif est long, ce qui permet à la vigne de travailler sur le sol et de capter sa minéralité dans le fruit. Parmi les autres cépages, citons : nerello capuccio, minella bianco, minella nera, alicante bouschet, malvasia, cattaratto, moscadella, grecanico dorato, carricante…
VNR Vinel lo Rouge 2021
Partida Creus
Juteux et léger, floral et plein de petits fruits rouges et noirs, VNR Vinel·lo rouge est un vin pour tous les jours, très buvable, avec une belle expression fraîche et des notes de grenade. Les arômes sont pleins de délicatesse, floraux, avec une finale légèrement saline et très enlevée. Classique souple et hyperfruité « à la jurassienne », VNR Vinel·lo est un assemblage de cépages autochtones riche et particulièrement réussi : il se compose de samsó (cinsault), garrut (mourvèdre), trepat, ull de perdiu, queixal de llop, sumoll et grenache noir, récoltés sur sols à prédominance calcaire. La vinification de chaque cépage est faite individuellement en cuve d’inox, l’assemblage a lieu ensuite. Pas de filtration, pas d’intrant, pas de sulfite ajouté.
Pour en savoir plus
Partida Creus est un domaine important, tant sur le plan vinique que sur le plan historique – nous parlons ici de l’histoire de la vigne en Catalogne. Massimo Marchiori et Antonella Gerosa, Piémontais d’origine – et même venant de la région des Langhe, où l’on s’y connaît en vins –, mènent d’abord une carrière d’architectes à Barcelone. Mais le virus du vin les chatouille, et bientôt ils abandonnent la grande ville et sa sophistication pour les vignes de la Catalogne méridionale, à Bonastre en Baix-Penedés. Ils y trouvent une quantité de vignobles abandonnés plantés d’une étourdissante diversité de cépages traditionnels catalans qu’ils reprennent avec passion pour sauver ces variétés – et leurs vins – de l’oubli. De leur part, ce n’est pas seulement une affaire de sauvetage patrimonial, non : c’est une affaire de goût et de nature. De vins nature, qu’ils ne cesseront de faire désormais sur ces terres sableuses, pauvres, argilo-calcaires ou argilo-graveleuses, pauvres et peu irriguées, où la vigne souffre pour donner son meilleur jus. Massimo et Antonella pratiquent une viticulture bio, biodynamique, entièrement manuelle et naturelle afin de donner une nouvelle vie à ces vins. Vinyater, sumoll, garrut, monastrell, ull de perdiu, ull de llebre, sumoll, queixal de llop, cariñena, trepat, subirat parent, maccabeu, parellada, pansé, vinel·lo, bobal, cartoixà vermell ou xarel·lo : c’est un véritable conservatoire des cépages autochtones catalans que soigne Partida Creus. On y trouve aussi du moscatel, du grenache, du merlot et du cabernet (entre autres). Peu de domaines viticoles peuvent se vanter de cultiver autant de cépages différents. Les vins reflètent cette diversité, les vignerons s’appliquant à transmettre le mieux possible la signature du sol et du cépage : le monocépage est fréquent chez eux, voisinant avec des assemblages très fournis, le tout dans les styles chers à la Catalogne : vin tranquille, vin pétillant de type « ancestral », et même vermouth. Les bouteilles en soi sont des œuvres d’art : en verre nu, simplement marqué de deux grandes initiales au pochoir qui signalisent la cuvée. Les vins, frais, vibrants, luxuriants mais toujours droits et impeccablement juteux et fruités, respirent la vie. L’arrivée à table d’un Partida Creus suscite toujours des cris de satisfaction.
Mol Rouge 2020
Patrick Bouju
Le carafage est recommandé pour la meilleure expression de ce vin festif et euphorisant qui a besoin de respirer et de jouer des coudes : c’est un assemblage qui sort de l’ordinaire et mérite qu’on lui consacre toute son attention. Tout en justesse et en précision, Le Môl porte fièrement la signature du grand Patrick Bouju. Structuré, charpenté, charnu, fumé et chaleureux, c’est un rouge complexe qui brille par ses arômes de cerise noire et sa belle acidité équilibrée. La finale est joyeuse, veloutée, profonde et épicée. En tant qu’assemblage, c’est un vrai festival de cépages noirs : carignan, cinsault, gamay, grenache, muscat d’Alexandrie, sauvignon, syrah… Un mix virtuose de raisins auvergnats et de grappes achetées plus au sud. À boire maintenant ou à attendre quelques années. Mention spéciale pour la très belle étiquette, signée Justine Loiseau.
Pour en savoir plus
Près de Billom, la Limagne clermontoise s’élève vers l’est pour former une zone vallonnée au climat doux, dominée par des buttes volcaniques. C’est la Toscane auvergnate, ainsi nommée à cause de sa ressemblance avec la province italienne. Ce pays de polyculture vivrière était autrefois couvert de vignes et était le domaine privilégié du gamay d’Auvergne, une souche ancienne robuste, origine de vins denses, profonds et fruités. C’est là que cultive et vinifie Patrick Bouju, sur ces sols volcaniques de haute qualité et principalement sur vieilles vignes. Les sols varient entre basaltes, calcaire, argilo-calcaire et pouzzolane. Patrick collectionne et soigne les meilleurs terroirs du Puy-de-Dôme, souvent abandonnés, et leur donne une nouvelle vie. Il préserve aussi les cépages autochtones, dont il cultive une bonne cinquantaine, et exerce en parallèle une activité de négociant vinificateur à base de raisins bio achetés. La renaissance actuelle du vignoble auvergnat (qui fut autrefois le troisième de France) doit beaucoup à Patrick. Le fait qu’il aime prêter main forte à ses amis vignerons de France et d’ailleurs ne fait que confirmer son image de modèle, de chef de file. Ses partenariats sont célèbres : avec Action Bronson pour la série A la Natural, avec Jason Ligas en Grèce pour Sous le Végétal… Patrick pratique des macérations longues, et les vins reposent jusqu’à six mois après mise en bouteilles. Très sensible aux sulfites dans les vins, Patrick a constaté que les siens s’en passaient très bien. Il a également constaté que si les raisins sont sains et concentrés, l’équilibre se fait tout seul, quelles que soient les phases que traverse successivement une cuvée. Ses vins nobles, ciselés, distingués, jamais anodins, sont immédiatement reconnaissables dans le verre. Ils sont droits, nets, précis, souvent marqués par des notes florales et une minéralité épicée. Ils constituent aussi une formidable anthologie des terroirs et des vignes anciennes de Basse-Auvergne et de ses sols volcaniques.
Festejar Rosé Pétillant 2021
Patrick Bouju
Sa belle robe corail clair (presque rouge) donne déjà soif, sa fraîcheur fait mouche à tous les coups. « Faire la fête », tel est le sens de festejar en occitan : voilà une indication claire sur l’usage de ce vin rosé naturel pétillant à base de gamay d’Auvergne (avec un peu de merlot des Côtes-de-Blaye en cépage minoritaire), mais on peut en trouver beaucoup d’autres. Son champ d’action est d’une
étendue vertigineuse, car c’est un vin de soif doublé d’un cru complexe, superposant une bulle très fine, une fine et délicieuse acidité, un peu d’épices et de poivre blanc, une légère douceur, une légère note levurée et une amertume structurante. Parfait pour l’apéritif entre amis, parfait pour la table, parfait pour la soif : un tout-terrain pour la plus grande joie de tous. Ce pétillant naturel demi-sec existe en rosé et en blanc. Pour le rosé, après pressurage et débourbage, les moûts de gamay sont fermentés à basse température en cuves pendant cinq à six semaines avant d’être mis en bouteilles, posés en cave sur pupitres pour la prise de mousse. La fermentation s’arrête sous l’effet de la pression et le vin est dégorgé à la main, puis recapsulé. À déboucher avec précaution en raison de son effervescence et à boire bien frais.
Pour en savoir plus
Près de Billom, la Limagne clermontoise s’élève vers l’est pour former une zone vallonnée au climat doux, dominée par des buttes volcaniques. C’est la Toscane auvergnate, ainsi nommée à cause de sa ressemblance avec la province italienne. Ce pays de polyculture vivrière était autrefois couvert de vignes et était le domaine privilégié du gamay d’Auvergne, une souche ancienne robuste, origine de vins denses, profonds et fruités. C’est là que cultive et vinifie Patrick Bouju, sur ces sols volcaniques de haute qualité et principalement sur vieilles vignes. Les sols varient entre basaltes, calcaire, argilo-calcaire et pouzzolane. Patrick collectionne et soigne les meilleurs terroirs du Puy-de-Dôme, souvent abandonnés, et leur donne une nouvelle vie. Il préserve aussi les cépages autochtones, dont il cultive une bonne cinquantaine, et exerce en parallèle une activité de négociant vinificateur à base de raisins bio achetés. La renaissance actuelle du vignoble auvergnat (qui fut autrefois le troisième de France) doit beaucoup à Patrick. Le fait qu’il aime prêter main forte à ses amis vignerons de France et d’ailleurs ne fait que confirmer son image de modèle, de chef de file. Ses partenariats sont célèbres : avec Action Bronson pour la série A la Natural, avec Jason Ligas en Grèce pour Sous le Végétal… Patrick pratique des macérations longues, et les vins reposent jusqu’à six mois après mise en bouteilles. Très sensible aux sulfites dans les vins, Patrick a constaté que les siens s’en passaient très bien. Il a également constaté que si les raisins sont sains et concentrés, l’équilibre se fait tout seul, quelles que soient les phases que traverse successivement une cuvée. Ses vins nobles, ciselés, distingués, jamais anodins, sont immédiatement reconnaissables dans le verre. Ils sont droits, nets, précis, souvent marqués par des notes florales et une minéralité épicée. Ils constituent aussi une formidable anthologie des terroirs et des vignes anciennes de Basse-Auvergne et de ses sols volcaniques.
Susucaru Rosato Rosé 2022
Frank Cornelissen
L’assemblage de Susucaru Rosato est un hymne à la Sicile et à l’Etna : 25 % insolia, 25 % malvasia, 25 % nerello mascalese, 25 % moscadella, et toutes les vignes croissent directement sur les pentes de l’Etna. La robe est rose intense, le nez charrie agrumes et fleurs blanches, et la bouche : fruitée, dense, fraîche, gourmande, avec cette fine amertume, cette morsure mélancolique qui est la signature de ce vin. Beaucoup d’aficionados piaffent d’impatience à chaque millésime de cette cuvée emblématique du maître de l’Etna, et certains n’imagineraient pas leur apéro sans elle. Susucaru rosato fait le bonheur des amateurs de rosé comme des moins fans, des initiés au vin naturel comme des débutants. D’ailleurs peut-on parler vraiment de rosé ? Techniquement oui, gustativement et chromatiquement cette petite merveille tient à la fois du rosé et du rouge de soif. Une cuvée fidèle à elle-même. « Notre rosé, explique Frank Cornelissen, est produit avec la même philosophie et les mêmes techniques de vinification que tous nos autres vins : macération pelliculaire pour la texture et l’identité territoriale, fermentation malolactique entièrement terminée pour la densité, la fluidité et la stabilité. Ce n’est pas seulement un vin d’été rafraîchissant ; c’est aussi un « rosé » qui peut également être considéré comme un rouge léger, comme un vin « jurassien », qui se marie bien avec une grande variété de plats. »
Pour en savoir plus
Grand incontournable et figure universellement respectée du vin naturel, Frank Cornelissen est un classique. Cet homme en questionnement constant vit en résonance humaine et cosmique avec son terroir contrasté : il a su démontrer que la minéralité puissante d’un grand sol volcanique pouvait être mise en valeur par la naturalité de ses vins. La brillance, la droiture et le fruité exquis de ses cuvées lui valent l’admiration même des récalcitrants au « nature ». Ce sont de bons vins d’initiation.
Son azienda sicilienne se trouve à Passopisciaro, dans le nord de la vallée de l’Etna. C’est, dit-il, la « côte de Nuits » de l’Etna pour la grande diversité de ses vins répartis sur de nombreuses localités (contrade) à différentes altitudes. Le climat est continental et rude, voire neigeux, en hiver, mais très chaud et ensoleillé de juin à septembre. L’altitude donne aux vins tension et élégance. Les vignes cohabitent avec une polyculture méditerranéenne : oliviers, amandiers, potagers… (Frank produit aussi de l’huile d’olive). L’âge des vignes va de quarante ans à plus de cent ans. Les parcelles, au nombre de dix-neuf, sur vingt-quatre hectares en tout, sont toutes en altitude, entre 600 et 900 mètres, sur plusieurs coulées volcaniques. Elles sont toutes vinifiées séparément : Frank décide de l’assemblage en fonction de la qualité des vins de chaque parcelle. En général, sept ou huit crus sont réalisés en dehors des vins génériques (rosé, rouge de base et blanc). Les sols sont constitués de différents types de basalte, entre poudre et roche, avec un drainage parfait qui permet de faire des vins concentrés et fins.
Le nerello mascalese domine l’encépagement du domaine. Ce grand cépage rouge traditionnel de la vallée nord de l’Etna constitue l’unique cépage des grandes cuvées. Son cycle végétatif est long, ce qui permet à la vigne de travailler sur le sol et de capter sa minéralité dans le fruit. Parmi les autres cépages, citons : nerello capuccio, minella bianco, minella nera, alicante bouschet, malvasia, cattaratto, moscadella, grecanico dorato, carricante…
P Rouge 2022
Patrick Bouju
Avec les cuvées à initiales (cuvées de négoce) du maître Patrick Bouju, nous commençons tous à connaître notre alphabet. Ici, en la présence de ce vin souple, profond, minéral et complexe, nous avons la lettre P. P comme pinot noir, et pas n’importe quel pinot noir ! Un pinot noir de vignes croissant sur le mythique plateau de Gergovie, où il y a bien longtemps Vercingétorix remporta une victoire mémorable. Maintenant, c’est la vigne qui triomphe sur les beaux sols basaltiques de cette région volcanique du Puy-de-Dôme. La vendange est macérée en grappes entières et vinifiée par levures indigènes en cuve d’inox. En tout cas, c’est très bon, ça goûte admirablement et ça se prête à toutes les occasions.
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Près de Billom, la Limagne clermontoise s’élève vers l’est pour former une zone vallonnée au climat doux, dominée par des buttes volcaniques. C’est la Toscane auvergnate, ainsi nommée à cause de sa ressemblance avec la province italienne. Ce pays de polyculture vivrière était autrefois couvert de vignes et était le domaine privilégié du gamay d’Auvergne, une souche ancienne robuste, origine de vins denses, profonds et fruités. C’est là que cultive et vinifie Patrick Bouju, sur ces sols volcaniques de haute qualité et principalement sur vieilles vignes. Les sols varient entre basaltes, calcaire, argilo-calcaire et pouzzolane. Patrick collectionne et soigne les meilleurs terroirs du Puy-de-Dôme, souvent abandonnés, et leur donne une nouvelle vie. Il préserve aussi les cépages autochtones, dont il cultive une bonne cinquantaine, et exerce en parallèle une activité de négociant vinificateur à base de raisins bio achetés. La renaissance actuelle du vignoble auvergnat (qui fut autrefois le troisième de France) doit beaucoup à Patrick. Le fait qu’il aime prêter main forte à ses amis vignerons de France et d’ailleurs ne fait que confirmer son image de modèle, de chef de file. Ses partenariats sont célèbres : avec Action Bronson pour la série A la Natural, avec Jason Ligas en Grèce pour Sous le Végétal… Patrick pratique des macérations longues, et les vins reposent jusqu’à six mois après mise en bouteilles. Très sensible aux sulfites dans les vins, Patrick a constaté que les siens s’en passaient très bien. Il a également constaté que si les raisins sont sains et concentrés, l’équilibre se fait tout seul, quelles que soient les phases que traverse successivement une cuvée. Ses vins nobles, ciselés, distingués, jamais anodins, sont immédiatement reconnaissables dans le verre. Ils sont droits, nets, précis, souvent marqués par des notes florales et une minéralité épicée. Ils constituent aussi une formidable anthologie des terroirs et des vignes anciennes de Basse-Auvergne et de ses sols volcaniques.
Môl Rouge 2019,
Patrick Bouju
Tout en justesse et en précision, Le Môl porte fièrement la signature du grand Patrick Bouju. Structuré, charpenté, charnu, fumé et chaleureux, c’est un rouge complexe qui brille par ses arômes de cerise noire et sa belle acidité équilibrée. La finale est joyeuse, veloutée, profonde et épicée. En tant qu’assemblage, c’est un vrai festival de cépages noirs : carignan, cinsault, gamay, grenache, muscat d’Alexandrie, sauvignon, syrah… Un mix virtuose de raisins auvergnats et de grappes achetées plus au sud. Le carafage est recommandé pour la meilleure expression de ce vin festif et euphorisant. À boire maintenant ou à attendre quelques années. Mention spéciale pour la très belle étiquette, signée Justine Loiseau.
Pour en savoir plus
Près de Billom, la Limagne clermontoise s’élève vers l’est pour former une zone vallonnée au climat doux, dominée par des buttes volcaniques. C’est la Toscane auvergnate, ainsi nommée à cause de sa ressemblance avec la province italienne. Ce pays de polyculture vivrière était autrefois couvert de vignes et était le domaine privilégié du gamay d’Auvergne, une souche ancienne robuste, origine de vins denses, profonds et fruités. C’est là que cultive et vinifie Patrick Bouju, sur ces sols volcaniques de haute qualité et principalement sur vieilles vignes. Les sols varient entre basaltes, calcaire, argilo-calcaire et pouzzolane. Patrick collectionne et soigne les meilleurs terroirs du Puy-de-Dôme, souvent abandonnés, et leur donne une nouvelle vie. Il préserve aussi les cépages autochtones, dont il cultive une bonne cinquantaine, et exerce en parallèle une activité de négociant vinificateur à base de raisins bio achetés. La renaissance actuelle du vignoble auvergnat (qui fut autrefois le troisième de France) doit beaucoup à Patrick. Le fait qu’il aime prêter main forte à ses amis vignerons de France et d’ailleurs ne fait que confirmer son image de modèle, de chef de file. Ses partenariats sont célèbres : avec Action Bronson pour la série A la Natural, avec Jason Ligas en Grèce pour Sous le Végétal… Patrick pratique des macérations longues, et les vins reposent jusqu’à six mois après mise en bouteilles. Très sensible aux sulfites dans les vins, Patrick a constaté que les siens s’en passaient très bien. Il a également constaté que si les raisins sont sains et concentrés, l’équilibre se fait tout seul, quelles que soient les phases que traverse successivement une cuvée. Ses vins nobles, ciselés, distingués, jamais anodins, sont immédiatement reconnaissables dans le verre. Ils sont droits, nets, précis, souvent marqués par des notes florales et une minéralité épicée. Ils constituent aussi une formidable anthologie des terroirs et des vignes anciennes de Basse-Auvergne et de ses sols volcaniques.
GT Garrut Rouge 2019,
Partida Creus
La surprise est au rendez-vous avec GT Garrut, joli et atypique vin de monocépage. Déjà, la robe violacée renseigne sur son originalité. Il est entièrement à base de garrut, un cépage catalan apparenté au mourvèdre, également appelé monastrell. GT Garrut présente de belles qualités terriennes et intenses, très typé fruits noirs et notamment mûre (mûre de ronce ou mûre d’arbre). Belles notes de fruits rouges également, une délicieuse acidité. Ce vin brillant et parfait pour les mois d’été est issu de vendanges manuelles. Entièrement égrappés, les raisins macèrent pendant trois jours avec un pigeage toutes les trois heures, et la fermentation alcoolique sur levures indigènes se déroule pendant quatre mois en cuves d’inox, suivi de vingt mois en barriques de chêne. Non filtré, non collé, pas de sulfites ajoutés. GT Garrut sent la treille de famille, l’artisanal, le vin sans limites.
Pour en savoir plus
Partida Creus est un domaine important, tant sur le plan vinique que sur le plan historique – nous parlons ici de l’histoire de la vigne en Catalogne. Massimo Marchiori et Antonella Gerosa, Piémontais d’origine – et même venant de la région des Langhe, où l’on s’y connaît en vins –, mènent d’abord une carrière d’architectes à Barcelone. Mais le virus du vin les chatouille, et bientôt ils abandonnent la grande ville et sa sophistication pour les vignes de la Catalogne méridionale, à Bonastre en Baix-Penedés. Ils y trouvent une quantité de vignobles abandonnés plantés d’une étourdissante diversité de cépages traditionnels catalans qu’ils reprennent avec passion pour sauver ces variétés – et leurs vins – de l’oubli. De leur part, ce n’est pas seulement une affaire de sauvetage patrimonial, non : c’est une affaire de goût et de nature. De vins nature, qu’ils ne cesseront de faire désormais sur ces terres sableuses, pauvres, argilo-calcaires ou argilo-graveleuses, pauvres et peu irriguées, où la vigne souffre pour donner son meilleur jus. Massimo et Antonella pratiquent une viticulture bio, biodynamique, entièrement manuelle et naturelle afin de donner une nouvelle vie à ces vins. Vinyater, sumoll, garrut, monastrell, ull de perdiu, ull de llebre, sumoll, queixal de llop, cariñena, trepat, subirat parent, maccabeu, parellada, pansé, vinel·lo, bobal, cartoixà vermell ou xarel·lo : c’est un véritable conservatoire des cépages autochtones catalans que soigne Partida Creus. On y trouve aussi du moscatel, du grenache, du merlot et du cabernet (entre autres). Peu de domaines viticoles peuvent se vanter de cultiver autant de cépages différents. Les vins reflètent cette diversité, les vignerons s’appliquant à transmettre le mieux possible la signature du sol et du cépage : le monocépage est fréquent chez eux, voisinant avec des assemblages très fournis, le tout dans les styles chers à la Catalogne : vin tranquille, vin pétillant de type « ancestral », et même vermouth. Les bouteilles en soi sont des œuvres d’art : en verre nu, simplement marqué de deux grandes initiales au pochoir qui signalisent la cuvée. Les vins, frais, vibrants, luxuriants mais toujours droits et impeccablement juteux et fruités, respirent la vie. L’arrivée à table d’un Partida Creus suscite toujours des cris de satisfaction.
Ganache Rouge 2019,
Domaine de l'Octavin
Ganache n’est pas loin de grenache, ça y est, vous avez compris, et le gamay se met de la partie. Le fameux cépage méridional, vendangé à Carpentras, vinifié dans le Jura, ne se sent pas du tout dépaysé : rien ne l’empêche de déployer ses notes effrontément fruitées – cerise, fraise fraîche et confite, framboise, mûre, prune, fruits secs – relevées de prune, de poivre noir, d’épices et de chocolat. Tout ça ? Oui. Ne vous étonnez pas d’une légère réduction à l’ouverture : aérez le vin, carafez, ou faites un peu attendre dans le verre, et elle s’envolera. Un vin complexe, novateur et délicieux.
Vin naturel sans sulfites ajoutés.
Morgon Côte du Py Rouge 2020
L'arroseur Rosé 2021,
De Vini
L’Arroseur est un rosé atypique à haute buvabilité, le genre de vin que son auteur, Christophe Bosque, appelle un « 4 X 4 », c’est-à-dire un tout-terrain, aussi bien à sa place à l’apéro et à table qu’en toute autre circonstance. « C’est un bon vin de conversation, ça passe avec tout », dit-il. Christophe s’était pourtant dit, naguère, « Je ne ferai jamais de rosé », parce qu’il en avait bu peu qui lui aient vraiment plu. Pour lui, un rosé, c’est très dur à faire, pour un résultat souvent décevant. Pourtant, il en a fait un, et il ne déçoit personne ! « On s’attend à un rosé en bouche, mais on a tout autre chose, plus sec et plus variétal : c’est un de ces vins qui, pour moi, ne sont ni un rosé, ni un blanc, ni un rouge. Je les appelle blouge ou rouange. » Quelque catégorie qu’on lui choisisse, cette cuvée est intéressante pour elle-même. C’est un assemblage de merlot, de cabernet franc, de gamay, de colombard et de grolleau, avec un complément de melon de Bourgogne. « La grande surprise, dit Christophe, c’était le colombard, un cépage très acide avec du variétal, et dont on se servait autrefois pour donner de l’arôme au muscadet (le melon de Bourgogne est aussi neutre qu’on peut l’être, et c’est justement ce qui fait sa magie). On a assemblé des cépages de trois domaines différents, et comme il manquait un peu de volume, on a ajouté du melon de Bourgogne. Ce colombard variétal a bien matché avec le cabernet franc et le merlot. Je n’hésite pas à dire que ce vin est un OVNI. » Tous les cépages constitutifs de L’Arroseur sont pressés directement. Le moût est fermenté en cuve enterrée à la nantaise, revêtue de carreaux de grès, et son élevage se déroule également en cuve, sur lie. La mise en bouteilles a été faite au printemps 2022.
Pour en savoir plus
Le domaine De Vini, Vinilibre, c’est l’activité multicasquette de Christophe Bosque, originaire de Saint-Nazaire. Le vin le passionne depuis toujours, et après avoir passé des années en tant que négociant, importateur, puis négociant vinificateur, cet ancien cameraman formé à l'œnologie et à la viticulture acquiert en 2017 quelques parcelles (deux hectares) de vignes de melon de Bourgogne à Gorges, en Loire-Atlantique, près de Clisson. Les sols y sont constitués de gabbro sur substrat granitique, configuration pédologique particulière à la région nantaise et notamment à Clisson. Les cuvées de Christophe peuvent être issues de raisins achetés sur les meilleurs terroirs français, notamment en Languedoc, mais le vigneron garde une affection particulière pour ses vignes, qu’il entretient avec passion et attention au terroir. On dénote sur ses étiquettes et dans ses appellations une touche d’humour et de sens du calembour, mais dans la bouteille, c’est du sérieux, des vins hors des sentiers battus comme il les aime. Nous nous intéressons particulièrement à ses créations locales, issues de sa vigne de quelques deux hectares et fermentées en cuve enterrée à la nantaise — véritable réinvention du muscadet (hors appellation) en mode nature.
Es d'aqui Casse Tête Rouge 2020
Jean Louis Pinto
Séduisant, profond, dense, doté d’une forte personnalité, Casse-Tête est un assemblage de 50 % cabernet sauvignon et 50 % mourvèdre. Le cabernet provient d’une terrasse alluvionnaire à gros galets du Tarn et le mourvèdre d’un sol argilo-calcaire. La vendange macère vingt jours en grappes entières et l’élevage se fait sur lies en jarres de grès.
Pour en savoir plus
Enfant de l’Ariège, Jean-Louis Pinto a choisi de rester au pays et de faire des vins qui ressemblent à leur terroir, d’où le nom Es d’Aqui (« C’est, il est d’ici ») qu’il a donné à son négoce de vinification, situé à Moulin-Neuf, commune proche de l’Aude, entre Mirepoix et Limoux. Une région où autrefois, les vignes abondaient, jusqu’aux grosses attaques de mildiou au début du XXe siècle. Jean-Louis achète des raisins cultivés en bio par d’autres vignerons, ses amis, en qui il a toute confiance. Il ne se contente pas d’acheter le produit, il surveille la nouaison, la maturation, et fait des passages réguliers jusqu’au mois d’août, afin de connaître le raisin avant de le vendanger. Il le vinifie chez lui selon des méthodes naturelles, pratiquant de longues macérations en grappes entières. La macération de trois semaines est fréquente chez lui, ainsi que les pressurages très doux au pressoir vertical. Il a, dit-il, « beaucoup de vignes en commun » avec son ami Anthony Tortul (La Sorga). Son aire de collecte s’étend sur tout le Languedoc, et notamment dans l’Hérault, autour d’Adissan, de Faugères et de Saint-Chinian, ainsi que dans l’Aude (Limoux) et le Tarn (Gaillac), deux terroirs qui lui sont chers. Il se trouve que les sols typiques du Languedoc – schistes, basaltes, cailloux, argilo-siliceux – lui plaisent particulièrement pour la fraîcheur qu’ils donnent aux vins. « Je fais des vins du Sud, dit-il. Je cherche surtout des terroirs qui donnent de la fraîcheur, même si les vins titrent 14 degrés. » Les cépages sont, bien entendu, typiquement languedociens : grenache, carignan, mauzac, cinsault, braucol, duras et sauvignon. Les rouges les plus puissants sont réalisés dans cinq jarres en terre cuite, qui l’aident à contrôler l’extraction et à donner à ses vins, dit-il, « un côté très cristallin ». Le sol, le lieu, on l’a compris, sont de toute première importance pour lui : encore une fois, le nom de son domaine Es d’Aqui n’a pas été choisi par hasard.
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MUZ Vermouth 2024,
Un vermouth artisanal unique, mêlant tradition et créativité
Le MUZ Ver 2024, conçu par Partida Creus, est bien plus qu’un simple vermouth. Assemblage méticuleux de vin rouge naturel, vin blanc oxydatif et jeune vin, il est enrichi par une macération d’herbes dont la recette familiale remonte à 1870. Ce spiritueux doux et épicé est un hommage vibrant aux racines italiennes des vignerons et à leur passion pour les vins naturels.
Dégustation : entre douceur et complexité
Le nez révèle une richesse aromatique unique, mêlant des notes d’agrumes, de fleurs séchées, d’herbes médicinales et d’épices douces. En bouche, la douceur initiale est équilibrée par une amertume subtile et une finale longue et complexe. Le MUZ Ver est une expérience sensorielle en soi, avec un équilibre parfait entre tradition et modernité.
Un apéritif raffiné ou un allié pour cocktails
Servi frais, entre 6 et 8°C, ce vermouth est idéal en apéritif, nature ou sur glace, accompagné d’un zeste d’orange. Il peut également être utilisé pour créer des cocktails raffinés et originaux. À table, il accompagne à merveille des fromages corsés, des fruits de mer ou des plats à base de légumes grillés.
Orange Blanc 2019
Château Lafitte
Cette cuvée Orange est issu de petit manseng, cépage emblématique du Jurançon. Elle est issue d’une macération de 21 jours en jarre de terre cuite, ce qui lui donne cette belle robe fauve, ce nez puissant et ces tannins souples et fondants. Un véritable trésor à garder jusqu’à dix ans en cave (encore faut-il y parvenir).
Vin naturel sans sulfites ajoutés
Va avec : Cuisines d'Asie, Viandes rôties
BB "Hondos" Rouge 2019,
Partida Creus
Antonella Gerosa et Massimo Marchiori, Piémontais d’origine – et même venant de la région des Langhe, où l’on s’y connaît en vins –, mènent d’abord une carrière d’architectes à Barcelone. Mais le virus du vin les chatouille, et bientôt ils abandonnent la grande ville et sa sophistication pour les vignes de la Catalogne méridionale, à Bonastre en Baix-Penedés. Ils y trouvent une quantité de vignobles abandonnés plantés d’une étourdissante diversité de cépages traditionnels catalans qu’ils reprennent avec passion pour sauver ces variétés – et leurs vins – de l’oubli. De leur part, ce n’est pas seulement une affaire de sauvetage patrimonial, non : c’est une affaire de goût et de nature. De vins nature, qu’ils ne cesseront de faire désormais sur ces terres sableuses, pauvres, argilo-calcaires ou argilo-graveleuses, pauvres et peu irriguées, où la vigne souffre pour donner son meilleur jus. C’est pourquoi leur domaine est aussi important sur le plan vinique que sur le plan historique – nous parlons ici de l’histoire de la vigne en Catalogne.
Massimo et Antonella pratiquent une viticulture bio, biodynamique, entièrement manuelle et naturelle afin de donner une nouvelle vie à ces vins. Vinyater, sumoll, garrut, monastrell, ull de perdiu, ull de llebre, sumoll, queixal de llop, cariñena, trepat, subirat parent, maccabeu, parellada, pansé, vinel.lo, bobal, cartoixà vermell ou xarel.lo : c’est un véritable conservatoire des cépages autochtones catalans que soigne Partida Creus. On y trouve aussi du moscatel, du grenache, du merlot et du cabernet (entre autres). Peu de domaines viticoles peuvent se vanter de cultiver autant de cépages différents. Les vins reflètent cette diversité, les vignerons s’appliquant à transmettre le mieux possible la signature du sol et du cépage : le monocépage est fréquent chez eux, voisinant avec des assemblages très fournis, le tout dans les styles chers à la Catalogne : vin tranquille, vin pétillant de type « ancestral », et même vermouth. Les bouteilles en soi sont des œuvres d’art : en verre nu, simplement marqué de deux grandes initiales au pochoir qui signalisent la cuvée. Les vins, frais, vibrants, luxuriants mais toujours droits et impeccablement juteux et fruités, respirent la vie. L’arrivée à table d’un Partida Creus suscite toujours des exclamations de joie.
Ce 100 % bobal est un rouge racé et finement sauvage provenant de la parcelle Hondos, construit sur un cépage courant en Espagne mais dont l’expression est ici très originale. Robe rouge cerise sombre ; au nez, du bonbon, des fleurs douces, des fruits frais, de la violette, du thym. En bouche, beaucoup de distinction : une acidité droite et de la griotte, de la prune mûre, du poivre noir, une petite touche saline en finale. À servir bien frais.
Back to Blaye Rouge 2022
Château Frédignac
Back to Blaye, superbe cuvée de bordeaux rouge biologique et nature, a tout pour vous séduire : il traduit une fois de plus l’excellence des vins bio produits sur les sols bordelais. Vous admirerez d’abord la belle robe carmin profond avant de percevoir au nez la signature Blaye-Côtes-de-Bordeaux : fruits noirs, fruits rouges, une vinosité exemplaire, une rondeur gourmande sous-tendue par des tannins encore un peu rustiques dus à la jeunesse du vin. Les bordeaux, vous le savez, il faut généralement les attendre, et le fait que le vin soit bio et nature ne change rien à l’affaire. Vous aurez donc raison si vous décidez de garder cette bouteille quelques années, elle en bénéficiera et acquerra du velouté et du fondu. Il faut que le vin se patine un peu en bouteille, mais vous pouvez vous en régaler dès maintenant et en accompagner des Viandes Rouges, de la rôtisserie, des plats solides. Obtenu à partir d’une majorité de merlot (90 %) et de cabernet sauvignon en cépage minoritaire (10 %), Back to Blaye est catégorisé en Vin de France mais n’a rien à envier à ses congénères plus gratifiés par leur appellation. La vendange est éraflée, la macération en cuve est de quinze jours. L’élevage après pressurage et assemblage est de six mois en cuve de béton. Conseil : profiter de la jeunesse de ce cru pour en acheter plusieurs bouteilles qui vieilliront avec distinction dans votre cave.
Pour en savoir plus
Le Château Frédignac, exploitation 100 % biologique (Nature & Progrès), est situé en appellation Blaye-Côtes-de-Bordeaux, tout près de la petite ville de Blaye, pratiquement en bord de Gironde. Fondé en 1918 par Jean-Marie L’Amouller, marin breton ayant trouvé le bonheur sur la rive droite de l’estuaire — qu’on appelle ici « la Rivière » —, il devient un domaine viticole de qualité quelques années plus tard en absorbant le vignoble d’une propriété à la réputation séculaire, Château Saugeron. L’appellation est surtout connue pour ses vins rouges veloutés et profonds, en lesquels excelle Château Frédignac. Mais là ne s’arrêtent pas les hauts faits de cette propriété viticole dédiée au respect du terroir et aux pratiques agricoles vertueuses : un blanc bio est produit, ainsi que plusieurs cuvées nature de couleurs diverses, du pet’nat’rosé au rouge tranquille. Les cépages rouges sont typiques de l’appellation — les deux cabernets, franc et sauvignon ; merlot, carménère et côt (malbec) — et les blancs (sauvignon blanc, sémillon) sont à l’avenant. Les sols argilo-calcaires favorisent aussi bien le drainage des sols que leur fraîcheur salutaire à la vigne. Alliés à des méthodes profondément respectueuses des sols, des plantes, des animaux et du travail du vin, ces conditions pédologiques permettent à l’équipe de Château Frédignac d’être fière de ses vins : aussi dignes de leur tradition locale que conformes au désir de travailler au plus près de la nature.
Bourgogne Bedeau Rouge 2020
L'intrépide Blanc 2021
Domaine Einhart
C’est indéniable : L’Intrépide, vin ample, long et délicieux, mérite parfaitement son nom et n’a pas froid aux yeux. Un vin de macération 100 % pinot gris, ça existe et ça peut s’élever vers de sacrées hauteurs quand c’est vinifié avec soin. Déjà, sa robe est étonnante, et le reste est à l’avenant. Totalement magique, en bouche, l’attaque vive et ample est soutenue par une fraîcheur citronnée caractéristique des grands terroirs calcaires. La persistance en fin de bouche est soulignée par les tannins fondus à la macération. Les vignes de vingt-cinq ans, toutes situées sur le domaine, sont vendangées à la main ; le raisin est égrappé. La macération, sur levures indigènes, est de quatre à huit jours. L’élevage de huit mois en foudre alsacien sur lies fines précède une mise en bouteilles sans filtration. De la vigne au chai, ce vin a été réalisé sans aucun intrant. Le carafage est recommandé afin qu’il déploie ses ailes et exprime ses notes puissantes et complexes.
Pour en savoir plus
Situé dans la partie nord du vignoble alsacien, à l’horizontale de Strasbourg, le domaine Einhart est une propriété familiale de dix hectares dont les vignes se trouvent sur les coteaux qui s’élèvent entre la plaine d’Alsace et les monts des Vosges. Le sol y est argilo-calcaire et riche en fossiles (muschelkalk, c’est-à-dire calcaire coquiller et calcaire à oolithes, et lettenkohle ou calcaire dolomitique). Depuis 1990, Nicolas Einhart est aux commandes, désormais secondé par son fils Théo. Fidèle à ses engagements pris pour l’association TIFLO, dont il est cofondateur, Nicolas consacre son travail viticole à la protection de la terre et de la biodiversité, la vinification sans intrant, le refus des produits phytosanitaires nocifs et le maintien des zones écologiques refuges. Son domaine est certifié bio à partir de 2011. Comme Jean-Marc Dreyer [faire lien], il s’oriente résolument vers la macération pelliculaire et réalise des vins blancs de macération (vins orange) en plus d’un rouge de pinot noir. Vendanges entièrement manuelles, éraflage des grappes, pigeages légers et pressurages délicats sont caractéristiques du domaine, ainsi que la vinification séparée de chaque terroir, l’élevage sur lies et l’absence de filtration avant mise en bouteilles. Les vins sont de pur raisin, vifs, puissants, toniques, et transcrivent la minéralité des très beaux terroirs des contreforts vosgiens.
Adonis Rouge 2022,
La Grapperie
Adonis est le pendant rouge d’Aphrodite et un superbe vin blanc sec biologique (Écocert) et nature des Coteaux du Loir vinifié par Renaud Guettier de La Grapperie, sans intrants, sans sulfites ni additifs chimiques.
Vinification
Adonis se compose de pineau d’Aunis, l’un des plus anciens cépages du Val de Loire occidental. Les vignes, taillées en gobelet, ont en moyenne soixante-quinze ans d’âge et croissent sur sols de limons noirs et de calcaire (tuffeau). Les vendanges sont manuelles, transportées à cheval. L’élevage est de douze mois en barriques.
Dégustation
Drape dans une belle robe grenat, Adonis offre un nez complexe de fruits rouges : fraise, cerise, mûre fumée, herbes douces… En bouche, une belle structure entre poivre noir et framboise. Épicé, fruité et poivré, avec une jolie note friande et levurée à l’attaque qui ajoute à sa gourmandise, c’est un vin de gastronomie. Vous lui associerez des poissons bleus (thon, maquereau, sardine), des matelotes de poissons de mer ou d’eau douce au vin rouge, mais aussi des rôtis ou des grillades de bœuf, des charcuteries et des Plats Mijotés à l’ancienne.
En savoir plus sur Renaud Guettier et La Grapperie
En appellation Coteaux du Loir, La Grapperie est le nom du domaine de Renaud Guettier, que l’on peut décrire comme un orfèvre du chenin, mais aussi du pineau d’Aunis qui est un des plus anciens cépages du Val de Loire.
Le domaine
Le 60 hectares de vignes de Renaud, en coteau, sont protégées des vents du nord par la forêt de Bercé. En fonction de l’altitude, les terroirs présentent une dominante d’argiles, de silex ou de sables. Les cépages sont les deux variétés traditionnellement autorisées dans l’appellation : chenin pour les blancs et pineau d’Aunis pour 90 % des rouges, le reste consistant en quelques ares de côt, de gamay et de grolleau. Certaines vignes sont plus que centenaires.
À la vigne et au chai
Tout le domaine est cultivé en bio. Les sols sont travaillés et toutes les interventions viticoles sont manuelles, y compris les vendanges, effectuées à pleine maturité, ce qui se ressent dans l’ampleur et la suavité des vins. Pour les rouges, les pineaux d’Aunis sont partiellement éraflés (selon les parcelles) et les macérations sont assez longues, de trois à quatre semaines, avec pigeages, pour favoriser l’aptitude au vieillissement. Les vins sont élevés en fûts entre douze et vingt-quatre mois, puis soutirés, assemblés et mis en bouteille sans filtration. Pour les blancs, les chenins sont pressurés directement à basse pression puis entonnés avec fermentation malolactique complète, pendant au moins dix-huit mois, malo incluse, et parfois jusqu’à trente-six mois.